VISIO LUNDI 11 MAI 17h30 : vos questions et STENDAHL TXT "3 MATHILDE JULIEN 

 

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Merci à Louna (1G5) pour la prise de notes très efficace:

Séquence 5 : Le Rouge et le Noir - texte 3



Réflexion sur quelques procédés significatifs :



--> La question de la sincérité est poséEtout au long du roman. La volonté de possession de Mathilde par Julien se traduit par son profond désir, à ne pas confondre avec l'amour. Il existe alors deux structures amoureuses principales dansle Rouge et le Noir: celle qui va s'épanouir dans un amour profond accompagné de sa passion (Louise de Rénal et Julien), puis celle qu'entretiennent Mathilde et Julien : deux stratèges passionnés et passionnés de stratégie.

--> L'objectif de cet extrait est de mettre en face deux personnages similaires sur le point du conflit et de la passion. Cette mise en relation de Mathilde et de Julien permet donc à Stendhal de penser la relation amoureuse et de faire émerger ces deux caractéristiques liées à l'amour.



Figures narratives :



1- "Que devint-il en y trouvant Mlle de la Mole" (l.1,2) : Cette figure stylistique s'appelle la métalepse. Le narrateur change alors de niveau et prend la parole devant son lecteur. Il s'agit d'un jeu narratif. Cela crée du suspense mais aussi une complicité entre le narrateur et le lecteur. 



2- "quelle horreur !" (l.18) : Discours indirect libre, très proche du monologue intérieur. Apparaît l'intérêt du travail sur la parole intérieure; faire du roman un espace double sur la création d'un monde de la perception, un monde concret, mais il n'existe que s'il est pensé à partir de la psychologie. Il se trouve entre le monde extérieur et celui des profondeurs.





Eléments en jaune :



3- "Emporté par son malheur, égaré par la surprise" (l.5) : Juxtaposition de deux groupes adjectivaux posés l'un à côté de l'autre à l'aide d'une virgule. De plus, on aperçoit une structure qui se répète : adjectif, préposition, groupe nominal. Il y a donc également un parallélisme. Julien est sous son charme dans le sens étymologique (carmina= le chant , ce qui est enchanteur) , il est pris par une sorte d'envoûtement. Egalement, harmonie sonore : reprise, répétition sonore, une allitération en "r". Enfin, est présente une isotopie de la perte; Julien se trouve perdu en lui-même.



4- "Julien eut la faiblesse de [...]" (l.5) : Modalisation qui juge le personnage de Julien comme quelqu'un de faible et qui fait des choses qu'il ne maîtrise plus.



5- "au premier venu" (l.8) : Périphrase qui désigne Julien comme une personne qui n'a aucun intérêt, si ce n'est sa présence physique liée au hasard, modalisée de manière parfaitement négative. Cela accentue la dimension double du texte : la passion (l'amour) et le conflit.



6- "comme une curiosité" (l.11) : Comparaison de l'épée qui évoque la question du temps, celle de l'amour, et de l'érotisme (l'épée étant un symbole phallique). Si l'on considère que l'épée représente la relation entre les deux, elle représente alors une relation tout à fait curieuse, étrange. Cette comparaison donne alors une définition de leur relation amoureuse.



7- "croyait" (l.12) : Modalisation de certitude qui sous-entend que Julien lui-même n'est même pas capable de comprendre ce qu'il ressent. Cela dévoile la dimension de l'amour qui brouille plus ou moins la conscience. Aussi, l'incertitude est un des facteurs qui le rend instable.





8- "Il eût été le plus heureux des hommes" (l.13,14) : Le subjonctif passé suppose une hypothèse du bonheur (donc modalisation) + hyperbole.



9- "[...] ; ses larmes s'étaient taries" (l.16) : Métaphore d'une source qui donne une image des quantités de larmes écoulées. Le point virgule laisse l'impression qu'elle a cessé de pleurer en un instant. Dimension théâtrale d'une part. L'instantanéité expose la brutalité de la scène d'autre part.



10- "ce mouvement de mélodrame" (l.19) : Il s'agit d'une périphrase de leur attitude amoureuse qui renvoie à la dimension théâtrale. C'est donc une périphrase métaphorique de leur histoire amoureuse qui a l'air d'une pièce de théâtre assez ridicule et exagérée.



11- "avec la plus grande tranquillité" (l.21) : Groupe prépositionnel qui correspond à l'effet de contraste, c'est-à-dire l'inverse de ce qui s'est passé auparavant. Elle montre encore une fois la variété des sensations/émotions/sentiments. C'est comme une didascalie, Stendhal cherche à ce qu'on ait ce moment en tête comme s'il s'agissait d'une pièce de théâtre que l'on serait en train de regarder.



12- "dura bienune minute" (l.23) : Modalisateur de certitude qui laisse croire à une temporalité dilatée, élastique. Incertitude et imprécision.



13- "mon amant" (l.24) : Il y a un paradoxe périphrase qui contredit « premier venu » : dimension instable et excessive de la passion amoureuse dans ses manifestations.



14- "poupée parisienne" (l.28) : Métonymie du point de vue de la forme, et du fond; elle permet de se moquer des a priori. Stendhal souhaite faire émerger de manière un peu critique le regard que porte Julien sur les femmes. Elle est contredite par Mathilde qui ne ressemble à rien de cela.



15- "il n'y a pas huit jours..." (l.34) : Aposiopèse : phrase interrompue qui sous-entend uneimagesexuelle/désirantede Mathilde puis qui est celle qui se refuse dans la phrase suivante car elle prend la fuite. La dimension du personnage n'est donc uniquement sensuelle et sexuelle ici ; elle est complexe.



16- "et" (l.34,35) : Polysyndète, répétition qui permet de souligner la quantité d'erreurs qu'il a faites.



17- "Il faut avouer que" (l.36) : Modalisation euphémistique négative qui met en lumière le doute qu'il a sur lui-même. = autocritique du personnage, en plus de celle émise par le narrateur et Mathilde.



18- "un caractère bien plat" (l.36) : Métaphore modalisée, éléments abstraits montrés en concret « plat »: esprit double d'autoanalyse. Légère dimension humoristique. Montre le caractère très complexe de Julien car il est amoureux, d'une grande passion mais pas forcémentsincère, doté d'un grand courage mais qui se dissout très vite ;dimension paradoxale :héroïque grâce à l'épée mais elle est rouillée, en même temps aimé et craint, etc.